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Dessiner en 3D avec un casque de réalité virtuelle

Plonger dans un autre monde, vraiment. Laisser court à son imagination, investir un nouveau monde. Voilà ce que j’ai fait samedi 19 novembre lors du Forum du CNRS à la Cité des Echanges de Marcq en Baroeul, et c’était surprenant.

Au fond de l’espace démos du Forum du CNRS, Laurent Grisoni et l’un de ses collègues de l’équipe rafraîchissante Mint (Université de Lille 1, CRIStAL et INRIA Lille Nord Europe) offraient un espace virtuel infini sur seulement 4m² réel.

La technologie que présentait les chercheurs pour élargir l’espace de manière spectaculaire n’était autre qu’un casque de réalité virtuelle. Un énième casque ? Non, mieux : celui-ci est couplé à deux étranges manettes. Autrement dit, nos mains sont aussi présentes dans le monde virtuel, elles interagissent directement, et cela fait toute la différence.

Une fois le casque bien attaché via des scratchs sur la tête, je me suis retrouvée dans une feuille blanche géante en 3D. Bon, elle n’était plus si blanche, d’autres expérimentateurs étaient déjà venus avant moi et avaient laissé des traces : des milliers de traits, dessins et autres arts en 3D. Parce que c’est cela l’usage de ce casque : permettre de dessiner à 360 degrés dans un monde virtuel avec un pinceau et une palette de couleurs glissés dans nos propres mains.

 “Que devient le dessin sans son support ?”

A la base, il s’agit d’un projet, intitulé Freehand, développé par l’artiste Pauline de Chalendar et le professeur Laurent Grisoni. L’initiative permet notamment de s’interroger sur l’importance de l’art dans l’espace et sur le rapport du dessin, du crayon, du pinceau avec le support.

Et moi, qu’ai-je ressenti? Aucun mal de réalité virtuelle, comme l’explique Laurent Grisoni, il n’y pas d’incohérence avec nos déplacements et ce que détecte notre oreille interne : nous nous déplaçons vraiment, regardons vraiment.

Très vite mon esprit s’est habitué à ce que chaque trait ne soit pas ancré en 2D mais vraiment en 3D. Et que si je voulais dessiner un objet de la vie réelle en volume, je devais l’imaginer devant moi et tel avec un calque en 3D, dessiner ses contours. Je l’avoue c’est très addictif sur le coup. J’avais envie de créer encore et toujours. Et si je pouvais me glisser dans le laboratoire des chercheurs pour refaire l’expérience, je le referais.

Oups, dans la vie réelle il y avait un mur.
Oups, dans la vie réelle il y avait un mur.

Toutefois, il y a quelque chose dont je dois vous faire part. A un moment donné, j’ai arrêté de dessiner là où tout le monde avait dessiné. J’ai tourné la tête et j’ai pris conscience de ce monde blanc infini. Qu’il y a t-il au bout? Peut-il y avoir des choses? C’est stupéfiant de voir à quel point un casque de réalité virtuelle puisse nous questionner sur notre propre monde.  Et puis je me suis cogné à un mur. Dans la vraie vie, au Forum du CNRS. Même s’il était clair que le monde virtuel n’était pas réel, puisque très diffèrent, que ce passerait-il s’il était basé sur le monde réel ? Là, j’ai pensé au film Inception, à ses totems pour déterminer si nous sommes dans la réalité ou non.

C’est fascinant ô combien les prouesses technologiques actuelles parviennent à nous faire cogiter sur notre place dans la société, l’univers, notre rapport aux autres et tant d’autres choses, vous ne trouvez pas ?

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