Quand musique rime avec numérique

Smartphone et ordi se transforment en trompette et batterie

La première fois qu’on voit leur vidéo sur YouTube, on se dit que c’est truqué. Jonathan joue de la batterie en tapant des doigts sur le pavé tactile de son ordinateur portable, Ludovic de la trompette en soufflant dans son smartphone, les touches d’un clavier servant de pistons.

Eh bien, de truc, il n’y en a pas. Jonathan et Ludovic transforment ordinateur et smartphone en instruments musicaux. Un projet que les deux passionnés de musique, chercheurs l’un en informatique, l’autre en ergonomie, ont monté sur leur temps personnel.

“Nous nous sommes demandés à quel point on peut transformer du matériel numérique standard en instrument de musique.” explique Jonathan. Le micro du téléphone sert ainsi d’embouchure dans laquelle on souffle, le pavé tactile devient peau de percussion.
“Nous ne nous intéressons pas à la production sonore, mais aux moyens de la contrôler”, précise Ludovic.


Apporter du réalisme

En effet, des logiciels de synthèse sonore recréent déjà du son en fonction des touches de clavier que l’on frappe, mais le rendu est très limité : j’appuie, j’obtiens une note; je n’appuie pas, silence.

Le logiciel des deux chercheurs offre beaucoup plus de nuances, les sons variant en fonction des gestes que l’on fait. Par exemple, le pavé tactile de l’ordinateur est divisé en plusieurs parties. Selon que l’on tape au centre ou au bord, on obtient des sons différents, comme sur une peau de percussion. Dans la version instrument à vent, la force du souffle dans le micro contrôle le volume sonore des notes. Les capteurs de mouvement présents sur les smartphones sont aussi mis à contribution : en levant le téléphone ou en l’abaissant, on ajoute des effets supplémentaires.

Toutes ces subtilités rendent les sons plus expressifs et donnent l’impression que l’on manipule un véritable instrument de musique.


Une heure pour jouer du saxo

Pour faciliter la prise en main, les quatre rangées de boutons du clavier d’ordinateur correspondent aux quatre premières cordes de la guitare.

Ainsi, “une personne qui connaît la musique peut jouer du saxophone en moins d’une heure”, précise Ludovic. “Bien sûr, nos inventions n’ont pas vocation à remplacer les instruments classiques.”

Le logiciel va permettre aux musiciens d’imaginer de nouvelles façons de piloter le matériel de musique électronique. Bientôt en concert ? Ludovic y songe : « on est à mi-chemin entre le geste instrumental et le geste dansé, cela donne des idées pour un spectacle. »
On a hâte d’entendre et de voir ça.

Pour aller + loin :
la vidéo et le site de leur projet

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