Cherchez l'erreur, Dossiers

Les super-fraudeurs de la science

De l’ambition démesurée à la pression exercée par les institutions en passant par les concurrences acharnées entre équipes, la pression médiatique ou encore le surmenage, les raisons qui poussent chercheurs ou inventeurs à tricher sont aussi diverses qu’insondables. Car outre le fait d’ébranler parfois durablement la crédibilité scientifique, c’est toute leur carrière qui s’écroule lorsque la supercherie est démasquée. Voici quelques exemples de ces tromperies scientifiques merveilleusement orchestrées.

 

1908 – Le crâne en toc

Un crâne humain associé à une mâchoire de singe dotée de deux molaires à l’usure caractéristique de celle des humains. Voici les ossements inestimables du « premier homme » dénichés par le paléontologue amateur Charles Dawson dans le petit village de Piltdown, à quelques dizaines de kilomètres de Londres. Une trouvaille extraordinaire pour les paléoanthropologues puisqu’elle constitue le chaînon manquant entre le singe et l’homme. Ce n’est que 40 ans plus tard que le canular est démasqué à l’aide d’une analyse chimique.  Le crâne de Piltdown n’était en réalité qu’un crâne d’homme moderne associé à une mâchoire d’orang-outang aux dents soigneusement limées.

 

1903 – Les rayons imaginaires

Des « rayons N » qui naissent d’une étincelle, traversent l’aluminium et le papier, sont bloqués par un film d’eau et peuvent aussi se réfléchir, contrairement aux rayons X, sur un prisme de quartz. Des propriétés extraordinaires pour des rayons tout nouveaux tout beaux ! Mais malheureusement ces « rayons N », découverts par le physicien français René Blondlot en mars 1903, n’ont pas résisté à la reproduction des expériences et n’existaient que dans l’imaginaire du scientifique. Ils furent enterrés et leur découvreur dépité…

 

1974 – La souris truquée

Une greffe de peau de souris noire sur une peau de souris blanche qui n’entraine aucun rejet ! C’est la révolution dans le monde de la greffe en cette année 1974 tant il est difficile de faire accepter à un organisme un tissu « étranger ». Mais c’était sans compter la suspicion des collègues de l’immunologiste américain William Summerlin qui, à l’aide d’un coton imbibé d’alcool, rendent à la souris greffée toute sa blancheur initiale… Pourtant reconnu dans le monde entier pour ses travaux antérieurs, l’immunologiste est définitivement disqualifié.

 

1975 – Les avions « renifleurs de pétrole »

En 1975, l’Italien Aldo Bonassoli et le Belge Alain de Villegas déclarent avoir trouvé une solution infaillible pour détecter les nappes de pétrole souterraines : des « avions renifleurs » équipé d’un puissant radar à effet Doppler. Soutenus par le Président de la République de l’époque Valéry Giscard d’Estaing, les « avions renifleurs de pétrole » sont financés par l’Etat à hauteur de 400 millions de francs. Mais le scandale éclate lorsque, après avoir indiqué le repérage d’une nappe en Afrique du Sud, la société d’extraction pétrolière Elf perd 100 millions de francs à la recherche de l’or noir… qu’ils ne trouveront jamais ! Un scandale politique et financier sur fond de supercherie scientifique qui restera dans les annales.

 

2005 – Un premier clonage humain qui tourne court

En 2005, le nom de Hwang Woo-suk, biologiste sud-coréen de l’université de Séoul (à gauche sur la photo avec à droite Gerald Schatten, chercheur américain spécialisé dans les cellules souches), fait la une des magazines scientifiques. Le chercheur est même envisagé pour le futur prix Nobel. Pour la première fois au monde, il a réussi le clonage de cellules souches humaine à partir de cellules de peau humaine dont le noyau a été transféré à l’intérieur d’ovules. Une prouesse qui laisse entrevoir de grandes avancées thérapeutiques en matière de régénération d’organes. Mais le succès tourne court quand une commission d’enquête révèle la fraude… Le biologiste se contentait d’effectuer de simples fécondations in vitro dont il falsifiait les résultats.

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