Joyeux alunersaire !

On a décroché la Lune

Il y a eu un avant Apollo et un après. Car, outre la prouesse humaine, c’est avec un trésor inestimable que les missions lunaires se sont terminées en 1972…

Des kilos de bouts de Lune
2 200 échantillons lunaires pour une masse de 382 kilogrammes : c’est la belle récolte effectuée par les astronautes de 1669 à 1972 au cours des six missions Apollo habitées. « Avant Apollo, il n’y avait absolument rien. La seule matière extraterrestre présente sur Terre venaient des météorites. Or nous savions qu’elles venaient du ciel mais en aucun cas d’où exactement », résume Hugues Leroux, spécialiste de l’étude des roches extraterrestres au laboratoire Unité Matériaux et Transformations (Université de Lille). Pour la première fois dans l’histoire, nous avions décroché la Lune et les roches prélevées n’en finissent pas de livrer leurs secrets.

Roche lunaire récoltée lors de la mission Apollo 15.

La signature lunaire enfin décryptée
Avec ces pierres de Lune, les chercheurs pouvaient pour la première fois établir la signature de la Lune, c’est-à-dire analyser la composition exacte des roches lunaires. De quoi comparer avec les roches terrestres.

Et voilà la Lune devenue petite sœur de la Terre
Grâce à cette signature lunaire, le lien de parenté entre la Terre et la Lune ne fait plus de doute. Elles ont des compositions trop proches l’une de l’autre pour ne pas avoir partagé leur histoire naissante. Grâce aux échantillons, les scientifiques sont dorénavant certains du scénario : deux planètes se sont percutées et ont donné naissance à un énorme nuage de matière liquide, gazeux, solide… Tout ce nuage s’est rassemblé pour former la Terre et sa petite sœur, la Lune. Mais c’est bien au-delà de ce duo familier que les morceaux de Lune nous renseignent.

La lune, mémoire figée du passé
Loin d’être l’objet inerte que nous connaissons aujourd’hui, la Lune était active par le passé, couverte de volcans ! Elle fut aussi –et est encore, mais beaucoup moins– bombardée de roches extraterrestres qui ont façonné ses beaux cratères lorsque le système solaire prenait naissance, il y a environ 4,5 milliards d’année ! Aujourd’hui, plus question de volcanisme : la Lune est froide mais ses cratères et les roches qui en ont été prélevées constituent la mémoire figée du passé. Et chaque année, les pierres lunaires nous renseignent un peu plus sur la formation de notre système solaire.

Un trésor à préserver
Si tous les échantillons rapportés ont été répertoriés, seuls 16 % d’entre eux ont été analysés. Pourquoi ? Chaque année, les technologies d’étude se perfectionnent et permettent de mieux comprendre la matière. « Nous conservons donc une partie du trésor pour que les générations futures puissent encore faire des découvertes », explique le chercheur. Une idée lumineuse qui apporte encore son lot de surprises. Dont voici la dernière en date.

Quand la Terre atterrit sur la Lune
Début 2019, une grosse pierre de Lune de 23 cm appelée la grosse Bertha et trouvée sur la Lune dans un cratère appelé mer des Pluies en 1971 est ressortie des réfrigérateurs de l’Agence spatiale américaine (Nasa). Analysée à l’aide des instruments les plus performants, les résultats n’en finissent pas de surprendre les scientifiques. Car cette pierre de Lune viendrait en réalité… de la Terre ! Elle contient des petits bouts de roches terrestres vieux de 4,01 milliards d’années, soit les fragments terrestres les plus vieux connus à ce jour ! « C’est fou de découvrir ça 50 ans après les retours d’échantillons, s’émerveille Hugues Leroux. Si c’est vrai, nous sommes sur une découverte majeure qui permettra de mieux connaître l’histoire de la formation de la Terre. » Vous l’aurez compris, les bouts de Lune n’ont pas fini de nous surprendre…

Alexandra Pihen

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