Cherchez l'erreur, Dossiers

Débunker les fake news

Les fake news, ou infox en Français, informations intentionnellement mensongères ou biaisées, se répandent comme l’huile sur le feu. Ces « erreurs volontaires » ne sont pas nouvelles mais elles sont en revanche démultipliées par la course folle des informations sur Internet et facilitées par des avancées technologiques toujours plus performantes. Pour lutter contre « l’infocalypse »*, où le monde serait séparé en deux clans avec d’un côté ceux qui ne croient plus en rien et de l’autre ceux qui gobent tout sans sourciller, il est grand temps d’aiguiser notre esprit critique.

A ne pas confondre avec l’erreur de compréhension, d’interprétation, d’analyse, ou le canular… les fake news sont des informations intentionnellement mensongères ou biaisées. Politique, économie, science, idéologie, société, « people » … quel que soit le domaine, les fake news ont pour objectif la manipulation de l’opinion publique. Elles sont diffusées sous toutes les formes (oral, écrit, visuel, audio), par n’importe qui (du parfait inconnu à l’homme politique) et utilisent tous les médias (blogs, sites institutionnels ou privés, réseaux sociaux, journaux, études…) avec toujours l’espoir d’un partage au plus grand nombre.

Si par le passé, les journalistes avaient l’exclusivité de la production de l’information et le temps d’exercer pleinement leur métier en croisant les informations et en vérifiant leurs sources, il en est autrement de nos jours. Une information chasse l’autre à un rythme effréné poussée par le besoin d’info « en continu ». De plus, les canaux de diffusions sont ouverts à tout le monde et n’importe qui peut produire son « contenu ». Peut-on avoir une confiance absolue dans ces conditions ? La réponse est clairement : non !

Nous sommes tous influencés

Pourquoi sommes-nous tentés de croire une information sans sourciller ? D’abord parce que nous sommes tous sujet à des biais de confirmation, c’est-à-dire que nous aurons tendance à croire plus facilement une information qui va dans le sens de nos croyances ou de nos opinions. Et ensuite parce que nous sommes aussi influencés par des arguments d’autorité : nous accordons plus de crédit à la parole d’une personne que l’on pense plus intelligente, plus informée que nous, un « expert ». Petite illustration. Si on nous affirme que « Fortnite » a causé une vague de divorces au Royaume-Uni », de mon côté, en tant que non joueuse, j’aurais tendance à croire cette affirmation. Un joueur régulier la réfutera plus facilement. Biais de confirmation. Cette affirmation étant tirée d’une étude réalisée par un cabinet d’avocat, nous aurons tendance à estimer qu’elle est rigoureuse… Argument d’autorité. Résultat : non, « Fortnite » n’a pas causé une vague de divorces au Royaume-Uni.

Alors comment démêler le vrai du faux ? D’abord en partant du principe qu’une information, aussi sérieuse semble-t-elle être, ne constitue une vérité que si elle peut être vérifiée. Photo et vidéos ne sont plus intouchables non plus, bien au contraire ! Connaître les technologies de plus en plus performantes qui permettent de les manipuler permet aussi d’affuter l’esprit critique : de nombreux outils permettent par exemple de manipuler les regards, les discours, les émotions, les environnements, la météo….

Mener l’enquête en toute circonstance

Il s’agit donc de rester sceptique en premier lieu, chercher les sources, croiser les informations, vérifier les chiffres… bref, mener sa petite enquête sérieuse. Mais nous sommes souvent démunis face à l’ampleur de la tâche, tout cela prend du temps, énormément de temps… Heureusement, il existe plusieurs aides précieuses pour nous aider dans notre quête. Les décodeurs, disponible sur le site du journal Le Monde, proposent par exemple de décoder certaines déclarations, assertions ou rumeurs. Voici quelques exemples de fake news débunkées : « Non, il n’y a pas de « réductions d’effectifs d’élèves » justifiant 1 800 suppressions de poste », « Non, la justice n’autorise pas les usagers à refuser les compteurs Linky », « Non, l’Afrique subsaharienne ne va pas « envahir » l’Europe »… Quant aux informations innombrables circulant sur les réseaux sociaux ou sur YouTube, il est finalement assez simple de voir si leur contenu est crédible. En effet, il suffit d’aller voir dans la description de la vidéo si le créateur indique ses sources et si elles tiennent la route (études scientifiques, sources institutionnelles). Ce n’est pas un gage de vérité mais c’est déjà bon signe. Restent les images et les vidéos : de la même façon, le premier réflexe est de remonter aux sources. Google propose ce service via le petit appareil photo présent à droite de la barre d’URL. Cette recherche inversée permet de visualiser les images similaires, les sites qui contiennent cette image et les différentes versions. Le site canadien TinEye (en anglais), très efficace, propose le même service. Enfin, de nombreux youtubeurs, à l’image d’« Hygiène mentale », « La tronche en biais », « Officiel DEFAKATOR »… vous seront aussi d’une aide précieuse pour aiguiser votre esprit critique. Un seul conseil donc : ne vous laissez pas endormir !

 

 

*”Infocalypse” est le néologisme employé par le spécialiste des nouvelles technologies américain Aviv Ovadya.

 

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